Avant l'Islam, l'alcool fait partie intégrante de la culture arabe. On boit lors des fêtes, des pactes, des marchés, des poèmes. C'est un pilier social, une tradition millénaire. L'interdire d'un coup aurait provoqué une révolte.
Allah choisit une pédagogie en trois étapes, étalées sur plusieurs années :
**ÉTAPE 1**, Le questionnement : « Ils t'interrogent sur le vin et les jeux de hasard. Dis : dans les deux il y a un grand péché et quelques avantages pour les gens ; mais leur péché est plus grand que leur utilité. » (2:219). Allah ouvre d'abord la réflexion : il ne l'interdit pas encore, mais Il montre déjà que le mal y est plus grand que le bien. Certains compagnons cessent d'en boire d'eux-mêmes.
**ÉTAPE 2**, La restriction : « Ô les croyants ! N'approchez pas de la prière en état d'ivresse. » (4:43). Maintenant on ne peut plus boire avant les prières, et comme il y a 5 prières par jour réparties du matin à la nuit, la possibilité de boire devient beaucoup plus limitée. Les habitudes changent progressivement, naturellement, progressivement.
**ÉTAPE 3**, L'interdiction totale et définitive : « Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu'une abomination, œuvre du Diable. Écartez-vous-en ! » (5:90-91). Quand ce verset est révélé, les compagnons obéissent immédiatement. Anas ibn Mâlik raconte : « J'étais en train de servir du vin à Abu Talha et ses compagnons quand le crieur a annoncé l'interdiction. Abu Talha m'a dit : 'Sors et verse-le.' Je suis sorti, les rues de Médine coulaient de vin. »