Depuis le Pèlerinage d'Adieu, le Prophète ﷺ multiplie les signes, des allusions que seuls les plus proches comprennent.
À Mu'âdh ibn Jabal, qu'il envoie au Yémen, il dit avec une douceur inhabituelle : « Ô Mu'âdh, peut-être ne me reverras-tu pas à ton retour. Peut-être passeras-tu près de cette mosquée et de ma tombe. » Mu'âdh éclate en sanglots, incapable de répondre.
Une nuit, le Prophète ﷺ se rend seul au cimetière de Médine (Al-Baqî'), dans l'obscurité. Son serviteur Abu Muwayhibah, qui l'accompagne, l'entend saluer les morts : « Que la paix soit sur vous, ô habitants des tombes. Félicitations à vous pour ce que vous avez atteint. » Puis il murmure : « On m'a offert le choix entre les clés des trésors de ce monde et le Paradis, ou la rencontre avec mon Seigneur et le Paradis. J'ai choisi la rencontre avec mon Seigneur. »
Pendant le Ramadan précédent, Jibrîl avait révisé le Coran avec lui DEUX FOIS, au lieu d'une seule comme chaque année. Le Prophète ﷺ avait confié à Fâtimah : « Jibrîl révisait le Coran une fois par an avec moi. Cette année il l'a fait deux fois. Je ne vois en cela qu'un signe que mon terme approche. » Fâtimah avait pleuré. Puis il lui avait chuchoté qu'elle serait la première de sa famille à le rejoindre, et elle avait souri à travers ses larmes.
La fièvre commence. Elle est intense, brûlante, si forte que sa fièvre est très intense, au point que ceux qui le touchent la ressentent fortement. Malgré la douleur, le Prophète ﷺ continue de prier, de conseiller, de préparer l'armée d'Usâma. Quand il n'a plus la force de diriger la prière, il demande à Abu Bakr de le remplacer, un signe que même les compagnons les plus proches ne comprendront pleinement qu'après.